Pourquoi la collaboration ?

7 02 2011

Auteures : Sherly Ambroise , Emmanuelle Proulx , Carine Rousseau et Kenza Sakout Andaloussi

La collaboration est un « processus où deux ou plusieurs personnes s’associent pour réaliser un travail avec des objectifs communs. » (Wikipédia)

Selon nous la collaboration est importante car elle nous permet de construire ensemble des idées et, de par ce fait, d’améliorer les nôtres.

Que nous parlons de construction sociale de connaissances, de conflit sociocognitif ou d’intelligence collective, nous reconnaissons l’importance de l’interaction avec les autres pour construire et améliorer nos idées. Essayons de mieux comprendre cela sans « prise de tête ».

1. Construction sociale ou construire ses idées avec les autres

Nous apprenons grâce à ce qui nous entoure, grâce à notre environnement. Par exemple, un très jeune enfant peut apprendre à reconnaître différentes formes en jouant avec une boîte à formes (vous savez, mettre le triangle dans le trou en forme de triangle, etc.). En jouant à ce jeu, il se construit de nouvelles connaissances.

Tiens, il y a plusieurs formes. Elles ne sont pas pareilles!!!

Liam Herrmann-Rousseau, source : C. Rousseau (07/02/2011), CC BY-NC-SA 2.5


Mais l’enfant apprendra le nom de ces formes grâce à maman ou papa qui lui dira à quoi elles correspondent :

C'est un triangle! Mets le triangle dans le trou en forme de triangle

Liam Herrmann-Rousseau et Carine Rousseau, source : C. Rousseau (07/02/2011), CC BY-NC-SA 2.5

Non seulement cela l’aidera à s’améliorer dans ses connaissances (bien reconnaître qu’il y a différentes formes), mais à en acquérir de nouvelles (« Ça, ça s’appelle un triangle »). Il n’apprend plus seulement grâce à son environnement physique, mais aussi grâce à son environnement social. Nous parlons alors de construction sociale des connaissances.

Les autres sont donc essentiels pour apprendre. Cet apprentissage pourra alors se faire soit en confrontant nos idées, soit en acceptant les idées des autres ou soit en collaborant.

2. Conflit sociocognitif ou comment un conflit entre des idées divergentes permet d’enrichir des connaissances

Doise et Mugny (1997) parlent de conflit sociocognitif. Qu’est-ce que c’est ??? C’est l’idée que lorsque plusieurs personnes échangent des idées sur quelque chose de précis, elles peuvent avoir des avis divers sur la question. Confronter leurs idées peut alors les amener à enrichir celles qu’ils avaient au départ.

Tiens, tu penses çà toi?  -  Oui et toi, tu penses quoi?

Hubert Deshaies et Ophélie Herrmann-Rousseau, source : C. Rousseau (07/02/2011), CC BY-NC-SA 2.5


OK, c'est pour ça que je ne comprenais pas...

Hubert Deshaies et Ophélie Herrmann-Rousseau, source : C. Rousseau (07/02/2011), CC BY-NC-SA 2.5

Chez un jeune enfant, cela peut l’aider aussi à comprendre que d’autres personnes peuvent penser différemment de lui (et l’aider à sortir de son égocentrisme). De plus, cela peut le rendre plus actif intellectuellement car il devra prendre en compte différents points de vue (le sien et celui des autres).

Interagir avec les autres permet donc de confronter nos idées, ce qui peut nous aider à améliorer les nôtres, à nous développer intellectuellement. Cependant il n’est pas obligatoire que les idées se confrontent dans un « conflit » pour qu’elles soient enrichissantes….

3. La collaboration ou apprendre ensemble

Des auteurs, comme Gilly, Fraisse et Roux (1993), pensent qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait « confrontation » pour que les interactions entre apprenants de même niveau soient bénéfiques, elles peuvent l’être aussi par collaboration. Ils parlent ainsi de la collaboration acquiesçante (l’une des personnes suit les idées de l’autre) et la coconstruction qui est une dynamique où les deux personnes travaillent ensemble sans jamais totalement s’opposer. Par exemple, dans un travail d’équipe du primaire, des élèves devront expliquer leurs positions, les clarifier (ce qui permettra aussi de préciser leur pensée) et devra prendre en compte les idées des autres. Leurs idées ne s’opposeront alors peut-être pas, mais iront dans le même sens. L’ensemble de leurs idées donnera alors quelque chose de plus intéressant que s’ils avaient travaillé sur le sujet chacun dans leur coin. On parle alors aussi d’intelligence collective.

4. L’intelligence collective

L’intelligence collective est donc l’ensemble des informations données par un groupe. Celles-ci seraient plus riches que celle de n’importe quel individu isolé.  Une illustration amusante que donne l’auteur est un jeu bien connu. Remplissez une bouteille de billes et demandez à la foule le nombre de billes contenues dans la bouteille. La moyenne des réponses de la foule est habituellement très proche du nombre réel de billes et est meilleure que celle de la plupart des individus pris séparément.

Bouteille de billes

Source : C. Rousseau (07/02/2011), CC BY-NC-SA 2.5

Wikipédia, l’encyclopédie libre en ligne, est aussi un très bon exemple d’intelligence collective où des personnes ayant différentes connaissances rassemblent celles-ci pour créer du contenu.

Ainsi, discuter, travailler avec les autres, nous aide à développer nos propres idées (que ce soit en acceptant tout simplement l’idée de l’autre ou en confrontant nos points de vue) et nous permet de construire des connaissances collectives plus intéressantes que si nous avions travaillé sur nos idées chacun de notre côté.

Nous pensons que les logiciels libres peuvent favoriser cette collaboration. Elle est proche de leur philosophie d’ouverture et de partage. Elle est nécessaire pour leur développement. Plusieurs environnements libres favorisent la collaboration (comme les wikis, Sugar, etc.). Nous parlerons de ces différents points dans notre blog, tout en essayant de conserver un langage vulgarisé et en illustrant nos idées par des exemples concrets.

Point d'interrogation 1Notre question de la semaine :

La vulgarisation permet à tous de mieux comprendre certaines idées parfois complexes. Cependant, elle est souvent moins précise qu’un langage plus théorique ou spécialisé. Comment aimeriez-vous que nous abordions notre contenu : de la façon dont nous venons de faire (vulgarisée) ou de façon plus spécialisée ?

Références:

Doise, W., & Mugny, G. (1997). Psychologie sociale et développement cognitif. Paris : Armand Colin.

Gilly, M., Fraisse, J. & Roux, J.-P. (2001). Résolutions de problèmes en dyades et progrès cognitifs chez des enfants de 11 à 13 ans: dynamiques interactives et mécanismes socio-cognitifs. In A.-N. Perret-Clermont & M. Nicolet (Ed.), Interagir et connaître (pp. 79-101). Paris: L’Harmattan

Surowiecki, J. (2005). The Wisdom of Crowds. New York : Anchor Books.
Wikipédia. La collaboration. [En ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/Collaboration (Dernière consultation le 7 février 2011)

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6 responses

13 02 2011
Charles-Éric Leclair

Je concède que la collaboration doit nécessairement être forte dans un projet de développement d’un logiciel libre, mais c’est également la même chose dans les bureaux d’une entreprise à but lucratif. À titre d’exemple, dans les bureaux de Microsoft, plusieurs programmeurs collaborent autant ensemble que l’équipe qui travaille sur un projet indépendant.

La différence qui me paraît majeure entre les deux situations n’est pas le travail de collaboration, mais la volonté; l’un est payé, l’autre fait ça pratiquement gratuitement.

13 02 2011
Emmanuelle

Bonjour Charles-Éric,

La différence entre le travail fait par Microsoft, c’est que les différentes fonctionnalités sont orientées par la direction: tous travaillent vers le même objectif. C’est ce qu’on appelle un travail coopératif. Le travail collaboratif est légèrement différent, il n’est pas orienté vers la même évolution des fonctionnalités. Nous en discuterons des différences dans le prochain article de ce blogue.

Bonne journée!
Emmanuelle

15 02 2011
Daniel Pascot

« gratuitement » mais aussi parce qu’il le veut pour une raison qui lui est propre

13 02 2011
carinerousseau

Bonjour Charles-Éric et merci de ton commentaire 😉
Je ne suis pas d’accord avec toi. La différence majeure, dans ce contexte, selon moi, et le fait que les logiciels libres ont leur code ouvert. Une fois le logiciel écrit et publié dans la communauté, les utilisateurs peuvent aller dans le code pour l’adapter, l’améliorer et le redistribuer à la communauté, ce qui est impossible avec un logiciel propriétaire. Si le code est fermé, la collaboration l’est aussi. Les logiciels libres évoluent donc grandement grâce à la collaboration.

15 02 2011
Daniel Pascot

Ça ne deviendra collaboratif que s’ils décident de le partager à nouveau

2 01 2012
Social learning by signlighter - Pearltrees

[…] Pourquoi la collaboration ? « La Collaboration et les logiciels libres! Non seulement cela l’aidera à s’améliorer dans ses connaissances (bien reconnaître qu’il y a différentes formes), mais à en acquérir de nouvelles (« Ça, ça s’appelle un triangle »). Il n’apprend plus seulement grâce à son environnement physique, mais aussi grâce à son environnement social. Nous parlons alors de construction sociale des connaissances. Les autres sont donc essentiels pour apprendre. Cet apprentissage pourra alors se faire soit en confrontant nos idées, soit en acceptant les idées des autres ou soit en collaborant. Liam Herrmann-Rousseau et Carine Rousseau, source : C. […]

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