Les difficultés de la collaboration

30 03 2011

Auteurs : Sherly Ambroise , Emmanuelle Proulx , Carine Rousseau, Kenza Sakout Andaloussi et Moise Wend-Laafi Sandwidi

Les billets publiés précédemment dans ce blog traitent du concept de collaboration sous un angle plus positif que négatif. En effet, le travail collaboratif dans une perspective de construction de connaissances a des avantages énormes et ne peut être en aucun cas passé inaperçu. Toutefois, nous nous questionnons sur les limites et les difficultés qu’un groupepourrait rencontrer  en collaborant avec ses pairs. C’est sous cet angle bien précis que nous développons ce qui suit.

Les technologies utilisées dans certains logiciels libres proposentdes outils de collaboration permettant le partage des savoirs, la prise de décisions, etc., sans se soucier de la distance. Ainsi, travailler en collaboration peut être bénéfique moyennant qu’il règne dans le groupe une ambiance d’échange, d’entraide, de dialogue, d’interaction, bref, tout ce qui peut contribuer à faire progresser dans leur apprentissage. Mais, est-ce que cette façon de faire fait l’unanimité ? Est-ce dans tous les cas cette stratégie est productive pour celui ou celle qui en aurait  plus besoin ?  Bref, quelles sont les difficultés susceptibles d’être rencontrées dans la collaboration ?

Types de difficultés dans la collaboration

Les difficultés peuvent se présenter sur plusieurs formes. Ainsi, cette liste que nous vous présentons est loin d’être exhaustive. Suite aux expériences de certains d’entre nous, il a été soulevé que le manque de créativité, l’aspect socioculturel et humain, l’homogénéité des connaissances ainsi que la neutralité dans l’information peuvent rendre difficile la collaboration.

1) Manque de créativité : Le groupe qui collabore doit être en mesure d’innover et de créer des connaissances : l’innovation ne peut plus dépendre d’un seul acteur , mais de chacun de ses membres, ce qui peut, en fait,faciliter le transfert de connaissances entre eux. 

2) Socioculturel et humain : L’interaction sociale qui est à la base de toute collaboration pourrait aussi rendre difficile certains aspects d’échanges, tel que le partage d’un intérêt commun ; les problèmes de conflits d’intérêts ; la priorité individuelle versus la priorité collective ; la non adéquation entre l’outil utilisé et les protocoles sociaux du groupe ; la difficulté de créer et de maintenir une relation à distance performante.

3) Connaissances homogènes : Une collaboration efficace est moins difficile à établir au sein d’un groupe ayant desconnaissances hétérogènes. En effet, plus il y a diversité de connaissances, plus il devient facile de combiner et desynthétiser des informations venant de nombreuses sources différentes.

4) La neutralité : Wikipédia adopte le principe de neutralité qui consiste à ce que tous les contenus qui y circulent soient présentés de manière égalitaire c’est-à-dire sans discrimination en fonction de leur nature. Toutefois, rester neutre en collaborant s’avère difficile à respecter. On cherche parfois à défendre son point de vue, ses idées au détriment des autres. Ainsi, tout non-respect de cette politique rédactionnelle entraînera alors une cencure de l’article en question.

Une règle sur la neutralité de wikipédia que nous trouvons surprenante:

Wikipédia, ouvert à tous, où chacun peut écrire ce qu’il veut et où soi-disant chacun peut corriger les erreurs, admet une règle qui veut que tout le monde sauf la personne dont il est question dans sa biographie, peut corriger.Que la personne elle-même dont un article constitue la biographie, ne soit pas admise à faire l’apologie de ses œuvres ni de la publicité pour celles-ci, personne ne le conteste. Mais qu’elle puisse rectifier une erreur, ou un point de vue manifestement orienté, malintentionné voire diffamatoire, ou injurieux, comme il en existe sur wikipedia ? Ou tout du moins que la personne dont la biographie est plus ou moins malmenée le signale afin que ce soit rectifié ? Non. C’est considéré comme une faute au regard de la dite « neutralité ».

Cet article de Wikipédia intitulé la "Négresse de Moret" (capture datée du 28 mars 2011) est accusé dêtre non-neutre. Un bandeau est affiché dans l'article et les explications des accusations sont indiquées dans la page de discussion. http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gresse_de_Moret

Force est de constater que la collaboration  n’est pas toujours productive ou peut comporter certains obstacles. Ainsi, tout dépend de l’environnement du travail, de la culture des acteurs et de l’intérêt pour le collaboratif

Notre question de la semaine

Avez-vous déjà vécu des difficultés lors d’une tâche collaborative? Si oui, décrivez-nous un peu l’ambiance qui y régnait.

Références:

Mérini, C., Thomazet, S. et Ponte P. ( 2010). L’aide aux élèves en difficulté : un espace de collaboration sous tension. [En ligne] http://tfe.revues.org/index1413.html

L’encyclopédie en ligne. http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail_collaboratif

http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/article-6289184.html


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3 responses

30 03 2011
Charles Picard

La règle sur la neutralité est en effet surprenante. Cela dit, elle doit être trangressée plusieurs fois par jour. Les moyens que Wikipedia possède pour vérifier que cette règle soit respectée sont plutôt faibles.

Je pense que plus il y a de gens qui n’ont pas de mandat ou de statut clair dans une tâche collaborative, plus il y a risque de problèmes. À moins bien sûr d’être assez pour pouvoir pratiquer une autorégulation efficace ou encore des principes démocratiques. Les connaissances hétérogènes des membres d’un groupe définissent d’elles-mêmes des statuts différents mais peuvent créer des chocs idéologiques.

Pour ma part, je suis assez conciliant lorsque je travaille en groupe. J’essaie de prendre en compte le bien de tous et donc, de me rallier à la majorité même si je ne suis pas d’accord avec elle. Je gère mieux ce type de frustration de façon individuelle que de créer dissension au sein du groupe et de tenter de gérer la crise à une échelle encore plus grande.

1 04 2011
Charles-Éric Leclair

Les difficultés que j’ai vécues remonte à des études réalisées à l’étranger, où des élèves provenant des quatre coins de planète y étaient mélangés dans différents travaux scolaires. Les différences culturelles y étaient marquantes et rendaient la tâche de collaboration assez compliquée. Parler de ponctualité à un français, c’est comme parler de neige à un africain. haha

SI l’organisation y était plutôt compliquée, les réflexion qui en émanait toutefois n’était pas à négliger. Les différences culturelles apportaient différentes perspectives aux problèmes auxquels on devait faire face. Il n’y avait donc pas de carence en matière de créativité. Le seul problème était la coordination, car chacun avait sa propre manière de travailler.

1 04 2011
Charles-Éric Leclair

Mon problème soulevé pourrait être impliqué dans le domaine des logiciels libres étant donné que les « hackers » proviennent d’un peu partout sur la planète. Par contre, étant donné qu’il n’y a pas de contraintes contractuelles, temporelles, de cadres professionnels, etc, l’impact est peut-être moindre. Malgré que ca pourrait être le cas étant donné que certaines grosses firmes, tel qu’IBM et HP, s’intéressent grandement aux logiciels libres.

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